Published On: mer, Août 2nd, 2017

Vivats pour une star

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Réputée grande séductrice, libre et indépendante, la comédienne française Jeanne Moreau, décédée dans la nuit de dimanche à hier, affirmait avoir recherché «l’amour profond» plus que la passion, à travers les liaisons qu’elle avait pu avoir au cours de sa vie.
L’amour profond n’a rien à faire avec la passion. La passion est éphémère. Les gens qui disent «moi j’ai une passion pour vous, ça ne m’intéresse pas», assurait-elle, l’âge venu. Au mot sexualité, elle préférait celui de sensualité : «Je laisse au rapport des corps une dimension divine.» L’actrice, qui eut des liaisons amoureuses, entre autres avec le cinéaste Louis Malle et le couturier Pierre Cardin, certifiait : «J’ai été désirée plus que je n’ai désiré.»

Mariée très jeune en 1949 avec le comédien et réalisateur Jean-Louis Richard, elle partageait avec lui la passion du théâtre et les difficultés quotidiennes des jeunes couples désargentés. Leur fils, Jérôme, avait 11 mois quand le mariage commença à battre de l’aile. «Là, j’ai vécu ma liberté», disait-elle. «Des expériences amoureuses multiples» qui, pour elle, n’avaient pas le parfum scandaleux de l’adultère. Après le divorce, en 1955, Jean-Louis Richard était resté son ami.

Jeanne Moreau refusait de qualifier d’«échec» son second mariage en 1977 avec William Friedkin, le réalisateur de French Connection, qui aboutit de nouveau à un divorce après deux ans. «Je n’ai jamais fait d’erreurs», lançait-elle. Une fois installée aux Etats-Unis avec le réalisateur américain, ce fut, assurait-elle, «une vie conjugale qui ne m’a pas convenu du tout», «une expérience à la fois terrible et magnifique.»

«Il est très difficile de dire ‘‘je sais ce que c’est que l’amour’’»

«Ma vie a été parsemée comme de tentatives, d’expériences pour apprendre ce que c’est que d’aimer», estimait-elle encore. «Il est très difficile de dire : ‘‘Je sais ce que c’est que l’amour’’». C’est comme le paradis perdu dont on a été, soi-disant chassés. Elle répétait souvent que les ruptures étaient toujours de son fait, préférant abandonner elle-même plutôt que d’être abandonnée.

La rupture avec Louis Malle a été notoirement difficile pour Jeanne Moreau. «Les amants est le premier film qui a été fait pour moi. C’est une rencontre avec l’amour», a-t-elle dit, jugeant que le film n’aurait pas pu être tourné si elle-même et le réalisateur n’avaient pas été des amants dans la vraie vie. Sa rencontre avec Pierre Cardin, dont l’homosexualité n’était pas un secret, fut un coup de foudre. «Je l’ai vu. ça a été immédiat.

J’ai voulu le revoir tout de suite», confiait-elle à Marguerite Duras. «Je savais qu’il pouvait aimer une femme. Je devais être patiente, douce, ne pas lui faire peur». Pierre Cardin n’avait pas craint, en 2001, dans son discours d’accueil de Jeanne Moreau à l’Académie des Beaux-Arts, la première femme à y entrer, d’évoquer devant tous des souvenirs très personnels : «A Venise, à l’hôtel Danieli, dans cette grande chambre où vécurent George Sand et Musset nous faisions l’amour, nos corps enlacés.»

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