Published On: mer, Août 2nd, 2017

Valerian : un cyber espace humaniste

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Valerian marque le deuxième meilleur démarrage de l’année en France. Pour le réalisateur français Luc Besson, c’est un nouveau challenge.
Luc Besson n’en finit pas de bouleverser le paysage cinématographique, français bien sûr, mais aussi mondial. Peu à peu, depuis les années 1980 et son exceptionnel succès du Grand bleu, il a construit l’empire cinématographique Europacorp pour maîtriser la chaîne complexe qui permet de grandes réalisations parmi lesquelles des films populaires comme les séries Taxi ou Taken qui ont eu un succès mondial.

Il rivalise avec les Américains, tout en gardant son âme d’enfant, avec les deux pieds chez lui en France. Après avoir tourné Le cinquième élément (premier film français de science-fiction, puis Lucy, sur un thème étrange), Luc Besson parvient enfin à l’aboutissement d’un projet qu’il a mis sept ans à terminer : Valérian et la cité des mille planètes.

Là, après avoir dépensé la somme astronomique de 200 millions d’euros, il donne à voir un grand film tiré de l’œuvre dessinée de Mézières (scénariste) et Christin (dessinateur). Il met en images et en son ce space-opéra qu’il avait projeté dans sa tête dès les années 60,  lorsqu’il avait découvert Valérian et Laureline, cette histoire d’agents de l’espace interstellaire dans Pilote, le magazine de BD en vogue à l’époque. Tout y est : aliens de tout type et monstres étonnants, course-poursuite au-dessus de cités dans les étoiles, planètes incroyables…
Déjà les concepteurs, face à l’armada des bandes dessinées américaines des super-héros, avaient créé des personnages drôles, un peu délurés, très en avance sur l’époque. Valérian avait inspiré en partie George Lucas, le créateur de Star Wars dans les années 1970, sans jamais atteindre la folie de l’œuvre de Christin et Mézières. Il était peut-être trop tôt, tellement la BD se permet tout, alors que la transcription cinématographique est exigeante en moyens.

Luc Besson, pour parvenir à filmer cet amusement des étoiles, aura dû attendre que la technique le permette. La sortie, il y a quelques années, d’Avatar, de James Cameron, avait en ce sens ouvert la voie. Cameron avait fait en sorte que les aspirations créatrices les plus folles puissent aboutir. Bien malin qui pourra, parmi les futures générations, faire le tri entre ce qui existe et ce qui n’existe pas, sur le grand écran en tout cas. Réel et imaginaire sont aujourd’hui indissociablement liés. Le film de Besson en est une illustration.
Luc Besson garde la fibre bien terre à terre.

Ce qui le différencie de ses homologues américains, comme les concepteurs de Star Wars, ou ceux de La planète des singes, dont le prochain épisode de la nouvelle franchise sort mercredi sur les écrans français.
Dans la lignée des auteurs de la BD, avec son Valérian et la cité des mille planètes, Luc Besson reste profondément ancré dans un esprit progressiste. Complètement libre puisqu’il est maître de son œuvre avec sa société dont il commande toutes les ficelles, il ne s’embarrasse pas de formules ampoulées.

Alors que l’ensemble du film est un pur divertissement et une drôlerie constante, pas besoin d’intellectualiser pour comprendre son dégoût de l’exploitation en tous genres, qu’elle soit sociale ou sexuelle. Il renvoie les colonisateurs à leurs turpitudes, les proxénètes à leur déshonneur et les va-t-en-guerre à leur déraison, qui conduit aux dérèglements planétaires, dont le plus crucial se joue sous nos yeux : ce qui se passe en Orient, les migrations des refugiés économiques, sociaux ou écologiques.

Que l’histoire se déroule cinq siècles en avant, au XXVIe siècle, n’empêche pas le réalisateur français de dire qu’il faut regarder dans le passé pour ne pas réitérer les erreurs. A ne pas regarder en face le passé, on est condamné à se priver d’avenir. Luc Besson ramène le futur au présent. Il a fait plus qu’adapter la bande dessinée Valerian et Laureline. Les créateurs avaient rêvé un personnage du futur, à quelque quatre siècles de nous. Besson le rapproche un peu plus de nous encore, car il reflète tout ce qui nous anime. En plus, c’est une pure détente. Voilà pourquoi depuis mercredi dernier les salles sont pleines. Besson est en passe de réussir son pari qui lui permettra de penser à un deuxième volet pour le plus grand plaisir des spectateurs.
 

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