Published On: mer, Août 2nd, 2017

Le Venezuela dans l’œil du cyclone

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Le président vénézuélien a encore tenté cette semaine, mais sans succès, de désamorcer la crise en proposant un dialogue à ses adversaires avant l’élection de demain.
Le Venezuela a vécu hier une autre journée d’émeutes, l’opposition réunie autour de la Table pour l’unité démocratique (MUD) ayant appelé à manifester sans discontinuer jusqu’à demain, jour de l’élection d’une Assemblée constituante contestée. Les membres de la MUD, soutenus depuis peu par certaines figures du chavisme, voient dans ce projet un moyen pour le président vénézuélien, Nicolas Maduro, de se cramponner au pouvoir et de contourner le Parlement élu. Le président vénézuélien a, pour sa part, encore tenté cette semaine, mais sans succès, de désamorcer la crise en proposant un dialogue à ses adversaires avant l’élection.

Estimant le mode de désignation des candidats à la Constituante verrouillé et le type de scrutin trop favorable au chavisme, les antichavistes ont choisi de boycotter le processus électoral. Ils réclament le départ de M. Maduro, dont le mandat s’achève en janvier 2019. Ce dernier a toutefois réaffirmé sa détermination de mener à bien son projet d’Assemblée constituante et de modification de la Constitution.

Plus de 3 mois d’affrontements

Depuis la décision prise par la Cour suprême dans la nuit du 29 au 30 mars de s’octroyer les pouvoirs de l’Assemblée nationale élue fin 2015 – majoritairement antichaviste pour la première fois en 17 ans –, l’opposition appelle à l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, avant la date prévue par le calendrier officiel en décembre 2018.

Le «niet» catégorique opposé par Maduro à la demande de la MUD a mis le feu aux poudres. Les trois mois et demi d’affrontements entre les partisans de Nicolas Maduro et ses opposants ont littéralement divisé le pays. Les violences ont fait plus d’une centaine de morts et plusieurs milliers de blessés.

Mais la crise ne date pas d’aujourd’hui. Premier exportateur de pétrole d’Amérique latine, le Venezuela est en réalité en proie à une grave crise économique et politique qui a commencé sous le défunt président Hugo Chavez et se poursuit sous son successeur Nicolas Maduro. Ce pays de 31 millions d’habitants est en effet, avec l’Equateur, l’un des deux membres latino-américains de l’Opep.

En 2016, il produisait 2,37 millions de barils par jour, selon des chiffres officiels cités par l’Opep (2,16 mbj selon le marché), mais sa production, qui est globalement achetée par les Etats-Unis, a diminué pour atteindre 2,16 mbj en juin 2017 (1,94 mbj selon le marché). Il abrite 302,25 milliards de barils de réserves prouvées, les premières au monde devant l’Arabie Saoudite.

Comment se fait-il qu’avec autant d’atouts, le pays n’est pas loin de toucher le fond ? Les spécialistes imputent d’abord la situation à «l’échec d’Hugo Chavez puis de Nicolas Maduro de juguler une inflation vertigineuse, et à sortir le pays de sa dépendance aux pétrodollars, qui représentent 96% de ses revenus». Ils insistent également sur le fait que «le contrôle des prix et des changes a limité la rentabilité des entreprises et ralenti les importations».

Et l’effondrement des cours du brut depuis 2014 n’a fait qu’aggraver la situation. Le Venezuela souffre depuis d’un manque alarmant de devises qui l’a plongé dans une crise aiguë, mêlant pénuries alimentaires et de médicaments, inflation et récession. Selon le FMI, la hausse des prix devrait atteindre cette année 720%, la plus élevée au monde.

Un PIB en chute libre

Ce n’est pas tout. Le PIB a chuté de 11,3% en 2016, selon des estimations officieuses. La Banque mondiale prévoit une contraction de 7% cette année. L’agence financière Standard and Poor’s met, quant à elle, en garde contre une possible incapacité du pays à honorer sa dette dans six mois. Un tiers de la population était en 2015 sous le seuil de pauvreté, cheval de bataille de la «révolution bolivarienne», contre près de la moitié en 1998, selon la Banque mondiale.

Le Venezuela souffre aussi d’une violence endémique, avec un taux d’homicides parmi les plus élevés au monde (70,1 pour 100 000 habitants en 2016). De son côté, Nicolas Maduro met en avant l’argument de la «guerre économique» que livrent les «impérialistes» au Venezuela pour expliquer l’opposition qu’il rencontre depuis son arrivée au pouvoir.

Face à la crise politique et humanitaire, les tentatives de médiation du Mexique, de la Colombie, du Mercosur – Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay –, ou encore les appels lancés depuis le Parlement européen sont restés lettre morte. L’Organisation des Etats américains (OEA), médiatrice lors de précédents conflits sous la présidence de Chavez, n’a eu que peu d’influence sur la résolution de la crise. Caracas est véritablement dans l’impasse et bien malins ceux qui se targuent de savoir comment les Vénézuéliens en sortiront.

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