Published On: mer, Août 2nd, 2017

Le perroquet bleu de Haïfa

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Les courts métrages présentés au Festival d’Oran du film arabe dévoilent une énergie cinématographique nouvelle parmi les jeunes réalisateurs.
Les jeunes metteurs en scène sont en train de donner un coup de fraîcheur au cinéma arabe. Le 10e Festival international d’Oran du film arabe a sélectionné pour la compétition officielle des courts métrages qui expriment cette tendance à vouloir renouveler le septième art en explorant d’autres territoires. Les Jordaniens Darine Salam et Amjad Al Rachid sont venus à Oran avec Le Perroquet.

Un film qui peut paraître simple, mais, au fil des images, on se rend compte que les deux jeunes réalisateurs disent beaucoup de choses avec le langage soigné de l’image et de la dramaturgie. En 1948, une famille juive de Tunisie débarque à Haïfa dans une maison qui était occupée par une famille chrétienne palestinienne. Le couple, accompagné de leur fille, trouve la maison bien décorée et bien arrangée et s’installe avec l’aide d’un soldat israélien.

Un perroquet bleu occupe les lieux et ne cesse de répéter : «winkoum» (où êtes-vous passés). Les nouveaux occupants se rendent compte que le perroquet ne va pas les laisser tranquille avec ses réactions imprévisibles. C’est le gardien des lieux. Une famille de juifs, Askhenaz, est invitée à dîner. Elle regarde les juifs tunisiens d’en haut et se moque de leurs manières. «Nous avons voulu montrer que la société israélienne n’est pas cohérente. Sa composante est éclatée», a relevé Darine Salam.

Pour Amjad Al Rachid, il existe une forme de racisme entre les Israéliens. Il a souligné que le choix d’une famille chrétienne signifie que le conflit israélo-palestinien n’est pas lié à une religion ou à une communauté. «Nous partons souvent dans les festivals. Beaucoup de monde ignore l’existence des chrétiens arabes», a noté Darine Salam. «Nous avons voulu gagner le pari de densifier les événements en un temps limité. L’essentiel est que le public comprenne ce que nous voulions dire», a-t-elle relevé.

Les deux cinéastes ont fait un travail presque parfait sur les décors et les costumes, souvent négligés dans les courts métrages. «Nous avons fait beaucoup de recherches sur les maisons à l’époque de l’arrivée des premiers migrants juifs en Palestine. Nous avons cherché aussi l’habit tunisien de Djerba. Nous avons été aidés par l’historien palestinien Johny Mansour», a souligné Amdjad Al Rachid.

Antirêve

Le jeune cinéaste marocain, Essam Doukhou, s’est intéressé à une thématique déjà explorée par le cinéma au Maroc et au Maghreb : la pauvreté et son compagnon de route, les rêves brisés. Mais la démarche paraît nouvelle, sinon novatrice. Dans Antirêve, le cinéaste raconte le vécu d’une famille démunie vivant dans un bidonville.

Le garçon aîné s’autodétruit dans la consommation de drogue, alors que la mère, qui a des troubles de la vision, gagne sa vie en faisant de la couture à la maison. Son jeune fils, cireur de chaussures, tente de l’aider en croyant à la possibilité d’un rêve. Le film est bien mené, avec des dialogues limités et un montage vivace. Rien n’est de trop dans le court métrage de Essam Doukhou, qui a joué sur certains symboles pour compléter le propos.

«Les lentilles représentent dans le film cette société qui rejette les rêves simples d’un enfant qui voulait acheter des lunettes à sa mère, qui éprouve du mal à débarrasser ses légumes secs des petits cailloux», a relevé Essam Doukhou, présent à Oran, où le film a été projeté pour la première fois, en dehors du Maroc, un pays qui produit une trentaine de courts métrages par an.

Les enfants de Khartoum

Dans Nyerkuk, du Soudanais Mohamed Kordofani, un enfant est également présent. Adam, 12 ans, a fui après le bombardement de son village quelque part au Soudan, où les confits ne s’arrêtent pas. Adam est «récupéré» par Mazda, qui l’oblige à pratiquer le cambriolage pour survivre à Khartoum. L’enfant, qui a perdu ses parents, ne sait pas que ce qu’il fait n’est pas bien. Une amie lui apprend que le vol n’est pas le meilleur moyen pour assurer son existence. Il a à peine le temps de réfléchir à la question que Mazda, qui terrifie les autres enfants, est là.

Le plaidoyer en faveur de la cause des enfants de rue est clair dans le film Nyerkuk. Mais, il n’y a pas que cela. Mohamed Kordofani fait également un réquisitoire contre la guerre et ses méfaits. Arraché à son village natal, Adam a perdu le sens de la vie et du bonheur. Combien d’enfants sont dans son cas au Soudan et, en Afrique, par extension ? Le court métrage, assez correct sur le plan technique, invite à la réflexion.

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