Published On: sam, Jan 13th, 2018

La formation continue, clef de voûte de la relance économique

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La conjoncture économique et financière de l’Algérie a son lot d’opportunités pour les sociétés locales. De l’avis des organisateurs des salons « Carrefour de l’Emploi » et « Carrefour de la Formation Continue », cette crise est « un défi pour booster la compétitivité des entreprises et relancer l’économie nationale ». Un processus qui dépend toutefois du marché de l’emploi et de ses compétences, confrontées actuellement à la hausse du chômage.

Lors d’une conférence de presse animée ce samedi 13 janvier 2018 à Riadh-El-Feth, Ali Belkhir, commissaire de ces deux salons, Nadir Cherrouk, ingénieur manager chez Kit Construction, société spécialisée dans le bâtiment et Sofiane Hamine, coach et responsable d’un centre de formation, ont souligné la nécessité de la formation continue, « une clef de voûte » dans le processus de la relance économique.

Durant leurs interventions, ils ont appelé à multiplier les investissements dans la formation continue des compétences, « salutaire » tant pour les sociétés, l’employeur, que pour les chercheurs d’emplois ou les employés.

Nadir Cherrouk était le premier à souligner le rôle de la formation continue dans l’absorption du chômage. Outre le déficit de compétences qui se manifeste au fil d’une carrière professionnelle, cet intervenant a affirmé que la formation continue comble également « un déficit de motivation », un état d’esprit qui est, « malheureusement », présent chez beaucoup de chercheurs d’emplois.

« Nous avons constaté lors des précédentes éditions que la plupart des chercheurs d’emplois n’aspirent pas à une carrière », explique-t-il. Lors de la dernière mouture du « Carrefour Emploi », nous avons offert 45 postes d’emploi mais une quinzaine de recrutements nous ont rapidement quittés ».

Cet ingénieur manager a ainsi rajouté durant son intervention qu’il regrettait cet état d’esprit qui prédomine chez la majorité des « chômeurs ». « Tandis que la société aspire à recruter un personnel pour une durée indéterminée pouvant s’étaler sur plusieurs années, beaucoup ne se focalisent que sur le salaire, le nombre de jours de congés ou les horaires de fin de travail », a-t-il renchéri.

De son avis, la multiplication du nombre de postes de travail ne saurait absorber systématiquement le chômage en Algérie, soulignant un manque d’investissements de la part des sociétés, publiques et privées, dans la formation continue ainsi qu’un manque flagrant de motivation chez les jeunes demandeurs d’emplois. « La formation continue est pourtant la principale valeur ajoutée du profil du demandeur d’emploi », affirme-t-il.

Rappelant que le contexte économique actuel constitue une opportunité pour faire émerger l’industrie locale, M. Cherrouk a expliqué que la formation continue est l’une des clés du succès chez les entreprises et les administrations pour maintenir l’activité économique algérienne.

Il les a appelées à faire plus d’efforts en matière d’éducation, de formation et de qualifications, pour les rendre plus accessible, de meilleure qualité et surtout, adaptées aux constantes évolutions du marché.

« Investir dans l’humain »

Une opinion largement approuvée par Sofiane Hamine, business coach et gérant de SLC Smart Learning, un centre de formation professionnelle basée à Alger. Lors de son intervention, il a estimé que ce manque de motivation chez les demandeurs d’emplois se nourrit du « manque d’investissement de la part de l’école et de l’université algériennes dans l’humain ».

Il a appelé durant son intervention à consolider le lien entre la formation et le monde réel du travail pour réduire les inadéquations entre les emplois disponibles et les compétences présentes.

Selon Ali Belkhir, commissaire de ces deux salons et gérant de l’Agence de communication 3C, « l’une des principales difficultés auxquelles fait face le marché du travail aujourd’hui est l’inadéquation entre les profils formés par les universités et ceux recherchés par les entreprises. Un état de lieu qui trouve son explication dans le manque de communication entre ces deux maillons qui constituent le marché du travail », estime-il.

M. Hamine a également insisté sur l’importance de continuer à promouvoir l’entrepreneuriat chez les jeunes malgré la crise économique, critiquant la politique de soutien des jeunes à l’emploi adoptée par le gouvernement algérien, à travers l’Agence nationale de l’Emploi (ANEM) notamment.

Tout comme M. Cherrouk, ce business coach a surtout suggéré d’accroître les investissements dans la formation plutôt que de poursuivre une subvention de salaires chez les petites et moyennes entreprises.

« Prenant par exemple Pôle Emploi en France, avec qui l’Anem est partenaire. Cet organisme français ne contribue pas financièrement aux salaires offerts par les sociétés mais soutient les demandeurs d’emplois à travers la formation continue, liée à divers domaines », explique-t-il.

Le « Carrefour de l’Emploi » et le « Carrefour de la Formation Continue » se déroulent du 25 au 27 janvier 2018 à la SAFEX, aux Pins maritimes à Alger, sous le thème « La crise financière, une opportunité et un défi pour le recrutement et la reconversion des compétences ».

Durant ces trois jours, des conférences, ateliers et tables-rondes seront organisées afin d’élucider les dispositifs de recrutement, les politiques d’emploi des sociétés présentes ainsi que les opportunités de formations continues proposées par les centres de formation professionnelle.

Des salariés, demandeurs d’emplois, étudiants et porteurs de projets seront ainsi au rendez-vous, aux côtés de chefs d’entreprises, de directeurs de ressources humaines et de responsables de formation.

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