Published On: mer, Août 2nd, 2017

En attendant les hirondelles, de Karim Moussaoui, plébiscité

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Le film algérien En attendant les hirondelles, de Karim Moussaoui, a raflé la mise, hier, à la cérémonie de remise des prix du Fiofa 2017, organisée lundi soir au théâtre de verdure d’Oran.
Hormis le Wihr d’or, le grand prix attribué à cette œuvre remarquable, le trophée du meilleur réalisateur est également revenu à son réalisateur, alors que deux mentions spéciales du jury ont récompensé Hania Amar et Mehdi Ramdane comme meilleurs espoirs, respectivement féminin et masculin. Une belle consécration, sachant que Karim Moussaoui signe là son tout premier long métrage.

C’est Hasan Kechiche, par ailleurs distribué dans le même film, qui a reçu le trophée à la place du concerné, absent à la soirée. «Je suis sûr qu’il va être très content, car c’est un jeune cinéaste que cette distinction va certainement booster afin d’aller de l’avant avec ce nouveau cinéma et cette nouvelle vision», a-t-il indiqué. Plusieurs autres films se sont partagé le reste des prix prévus par ce festival.

Le Prix du meilleur rôle masculin a récompensé le Syrien Aymen Zidan, pour avoir brillé dans le Père, film syrien de Bassil El Khatib, tandis que celui du meilleur second rôle féminin est revenu à la Libanaise Darine Hamzé, pour sa performance dans Nuts, du réalisateur français Henri Bargès. «Nous sommes réunis aujourd’hui pour célébrer l’art et la beauté et non la guerre», s’est exclamé l’actrice, faisant référence aux événements qui continuent d’endeuiller des familles de la sphère arabe.

Une autre Libanaise, Nadia Aliouat, a été récompensée pour le scénario du film Mahbas, coécrit avec sa compatriote et réalisatrice Sophie Boutros. «Je remercie le festival qui a institué cette distinction, car l’écriture en amont est une étape fondamentale dans la fabrication d’un film», s’est-elle réjouie. Seul film traitant de l’histoire antique du Maghreb, Augustinos, le fils de ses larmes, a eu le Prix du public.

A l’issue de sa projection quelques jours auparavant, il a suscité un large débat animé par l’équipe de cette coproduction algéro-tunisienne, mais aussi égyptienne, si, en dehors des producteurs, on tient compte de la nationalité du réalisateur, Samir Seif. «Quelle belle surprise !»

Ce sont les premiers mots de l’un des représentants de la production, qui, dans son intervention, a mis en avant les qualités humaines du grand penseur de l’antique Thagaste (Actuellement Souk Ahras) pour qui les limites de l’amour c’est d’aimer sans limites. «C’est un film historique sur un grand penseur humaniste, un Amazighe, un Numide dont il faut être fier», a ajouté le même intervenant. Dans la catégorie des documentaires, le choix du jury s’est porté sur La chasse aux fantômes, du Palestinien Raed Adhouni, qui a réalisé un travail remarquable sur les anciens détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.

Certains ont joué en quelque sorte leur propre rôle et le film, a-t-il expliqué, aurait très bien pu, s’il l’avait voulu et telle qu’on le lui a proposé, participer dans la catégorie fiction longs métrages. «Ils ont laissé leur âme dans ces rôles», a-t-il précisé avec émotion, mais sa pensée va vers les 7000 prisonniers qui croupissent encore actuellement en prison.

Déjà lauréat de l’Ahagar d’or (ancienne dénomination du prix) en 2007, l’Algérien Mohamed Yargui a décroché cette année le Wihr d’or  pour son court métrage Je te promets, ex æquo avec le Palestinien Saïd Zagha pour Cinq enfants et une roue. Pour ce dernier cas, c’est Moshira Farouk, directrice pour une société de production égyptienne, qui a financé quatre travaux participant au festival, qui a reçu le prix à la place du réalisateur, obligé de quitter Oran dans la matinée.

La cérémonie de clôture a été également marquée par une série d’hommages à quelques figures du monde du cinéma arabe. C’est le cas de l’Egyptien Izzet El Alayli, qui a fait une belle impression. «C’est un moment très délicieux et j’en suis ému, mais je sens aujourd’hui que vous m’avez confié une grande responsabilité parce que ce pays je le chéris», a-t-il déclaré, pour ensuite rappeler sa participation dans le passé à un grand projet cinématographique avec Ahmed Rachedi.

«J’ai vécu 8 mois à Tébessa, où j’ai côtoyé l’homme de la rue de cette Algérie résistante, qui a une histoire honorable, qui recèle de véritables capacités artistiques et à laquelle je souhaite de tout mon cœur un progrès durable», a-t-il ajouté. Hormis le clin d’œil à la chanteuse Houyam Younes, révélée par le cinéma alors qu’elle n’avait que 5 ans, les organisateurs ont pris l’initiative d’honorer des films marquants projetés hors compétition, c’est le cas pour Ben Badis, de Bassim El Khatib, mais aussi de Mawlana, de Magdi Ahmed Ali.

Les références d’époque ne sont pas les mêmes, mais les deux traitent de la pensée islamique authentique, qui prône la tolérance tout en restant attachée aux grands principes de justice. Le réalisateur égyptien a remercié le gouvernement algérien pour avoir autorisé la projection de son film alors qu’il a été interdit dans certains pays musulmans. Sa satisfaction est d’autant plus grande que sa vision du 7e art est qu’il faut faire des films pour le public.

A la fin de la soirée, ouverte par Brahim Seddiki, commissaire du festival, et à laquelle a assisté El Hadi Ould Ali, ministre de la Jeunesse et des Sports, invité pour le remplacer par son homologue de la Culture, Azzedine Mihoubi, un hommage particulier a été rendu au président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier a été distingué pour l’intérêt qu’il accorde à la promotion de la culture en général et au soutien qu’il a toujours apporté à ce festival. Un événement qui doit désormais regarder vers l’avenir, comme l’a suggéré son commissaire.

 

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