Published On: mer, Août 2nd, 2017

de Ghassan Shmeit, ouvre le festival du film arabe

Share This
Tags

Le film s’intéresse aux scènes de la vie quotidienne, et c’est le cas de certains quartiers de Damas, et c’est encore possible à mener malgré tous les risques.
Projeté mercredi après-midi en avant- première, mais en hors compétition, au Fiofa, le film Lilith la Syrienne, réalisé par Ghassan Shmeit, ne porte pas de regard sur la situation politique qui prévaut en ce moment dans ce pays ravagé par la guerre comme on pourrait s’y attendre. Il ne prend pas non plus ouvertement position dans ce conflit aux multiples dimensions. Ceux qui attendent un éclairage global ou sous un angle de vue particulier seront forcément déçus. Mais ce n’est pas là la prétention du réalisateur, qui privilégie le «réel» vécu par les gens ordinaires, qui semblent dépassés par les événements.

Une vie forcément rythmée par les attentats à la bombe, les éclats d’obus et les tirs de snipers. Il y a des zones plus touchées que d’autres et le film s’intéresse à celles où la vie quotidienne, et c’est le cas de certains quartiers de Damas, est encore possible à mener, malgré tous les risques. Réactionnaires ou progressistes, libertaires ou traditionnalistes, le film donne à voir une cohabitation forcée, parfois étouffante, mais c’est la conjoncture qui l’impose.

«A cause de la guerre, les gens fuient pour se réfugier dans les zones les moins touchées, et qu’on vienne d’Alep ou d’un quartier périphérique de la capitale, le résultat est qu’on aboutit à la concentration dans un même espace de toutes les catégories qui forment la société syrienne», explique le réalisateur lui-même,  dont le souhait est que, par extension, son pays retrouve une sérénité nouvelle dans le vivre-ensemble et l’acceptation des idées de l’autre.

C’est ainsi que le grand-père rigoriste finit pas accepter les tendances émancipatrices de ses petites filles. Le destin de Nabil, un des personnages principaux campé par Wadah Halloum, est brisé, alors qu’il avait tous les pouvoirs quand il était à la tête d’une société prospère. Ce personnage, une fois déchu, regrette amèrement  son arrogance et ses infidélités et donc ses devoirs envers sa propre famille.

Le film tourne autour d’un drame familial, mais ce sont ses extensions et les symboles avec lesquels il joue qui lui confèrent la prétention de dépeindre le réel de la Syrie d’aujourd’hui. Présente au débat, la romancière Djahina Al Aouam, auteure du roman qui a inspiré le film, a indiqué que, globalement, pour avoir contribué à l’écriture du scénario, le film dépeint ce qu’elle a voulu exprimer à travers les mots et confirme que la prétention n’était en rien de tenter d’analyser la crise syrienne, mais de porter haut la voix de ceux qui la subissent.

Il y a pourtant un point de vue. On dit souvent de ceux qui tuent au nom de l’islam qu’ils n’ont rien à voir avec la religion et le film pousse cette idée à son extrême. Les scènes de tortures insoutenables et particulièrement violentes montrent seulement l’aspect «vengeance aveugle» qui caractérise les motivations du groupe radical aux méthodes peu orthodoxes  pris en considération dans le film.

Exécutions sommaires et de sang-froid de soldats, viols et autres sévices à l’égard des femmes, mais aussi des hommes, sont autant  de faits qui laissent penser que les considérations liées aux convictions sont complètement écartées pour laisser place au déchaînement des démons de la frustration.

Pour avoir été pendant très longtemps écrasé sous la botte de son patron, un des membres du groupe extrémiste semble tirer une jouissance particulière des sévices qu’il fait subir à ses congénères. Le lien avec la dictature est vite fait, mais ce n’est pas le sujet du film, qui s’ouvre sur les péripéties d’une jeune fille qui ne veut pas arriver en retard à son cours de danse et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit d’un tango, synonyme d’ouverture d’esprit.

L’ouverture d’esprit caractérise aussi le personnage interprété par Majd Fedda et dont les rêves inspirés par le chanteur lyrique Pavarotti vont peu à peu s’évaporer au contact du réel de la crise. Il est le symbole de toute une génération sacrifiée. Avec les clins d’œil aux pays voisins, notamment l’Irak, et dans une moindre mesure le Liban, le désenchantement est total, mais l’espoir est permis et c’est le vœu de toute la délégation syrienne venue présenter ce film à Oran.
 

This content is created from http://www.elwatan.com/culture/de-ghassan-shmeit-ouvre-le-festival-du-film-arabe-29-07-2017-349972_113.php with Octolooks Scrapes

http://www.elwatan.com/culture/de-ghassan-shmeit-ouvre-le-festival-du-film-arabe-29-07-2017-349972_113.php

This content is created from http://www.elwatan.com/culture/de-ghassan-shmeit-ouvre-le-festival-du-film-arabe-29-07-2017-349972_113.php with Octolooks Scrapes

About the Author

-

Leave a comment

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

%d blogueurs aiment cette page :