Published On: mer, Août 2nd, 2017

Béji Caïd Essebsi joue encore à l’équilibriste

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Le régime tunisien de la IIe République, issu de la Constitution du 27 janvier 2014, est plutôt parlementaire, malgré le fait que le président de la République soit élu au suffrage universel.
Le gouvernement d’union nationale de Youssef Chahed est issu des partis ayant signé l’accord de Carthage, autour du président Béji Caïd Essebsi, notamment Nidaa Tounes, le parti vainqueur des élections d’octobre 2014 et l’islamiste Ennahdha. Ce gouvernement bénéficie aussi du soutien des organisations nationales, surtout la centrale syndicale UGTT. Le 27 août 2016, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), l’équipe Chahed a obtenu 167 voix, sur les 217 membres du Parlement. Aujourd’hui, presqu’un an après, c’est le moment de faire le bilan auprès de ceux qui l’ont nommé.

Quoi que l’on dise sur les tiraillements politiques en Tunisie, il est évident qu’un équilibre s’est établi dans le pays depuis la rencontre de Paris de l’été 2013 entre l’actuel président de la République, Béji Caïd Essebsi, et le leader d’Ennahdha, Rached Ghannouchi. Depuis cette date, il y a accord sur la coexistence au pouvoir de ces deux mastodontes de la vie politique, au-delà des résultats des élections. Cette coexistence est toujours valable en ce moment et sera la pierre angulaire du remaniement en gestation.

L’entente Béji Caïd Essebsi/Rached Ghannouchi sera, encore une fois, le principal garant de la stabilité du gouvernement de Youssef Chahed, en plus, bien sûr, des accords passés avec l’UGTT, signataire, elle aussi, de l’accord de Carthage. C’est la raison pour laquelle, dès qu’il a été question de remaniement, le président Béji Caïd Essebsi est vite entré en scène. Le président de la Tunisie a reçu vendredi dernier le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, et le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi.

Ceci étant, Youssef Chahed dispose de plusieurs choix pour ce remaniement. Suite au bilan d’usage, le chef du gouvernement peut faire chambarder la structure de son équipe pour optimiser les résultats, surtout que les indicateurs ne sont pas au beau fixe. Chahed peut également se limiter à installer quelqu’un à la tête du ministère de l’Education, tout en gardant Fadhel Abdelkéfi à la tête d’un superministère économique. Plusieurs options demeurent envisageables. Mais, la plus plausible serait de préserver au maximum  l’équilibre existant basé sur une approche concertée pour l’attribution des portefeuilles ministériels.

Les observateurs s’interrogent si le moment est indiqué pour que les partis puissent imposer un nouveau chambardement du gouvernement. La Tunisie est déjà à son sixième gouvernement après les élections du 23 octobre 2011. Toutefois, les partis ne l’entendent pas de cette oreille. Nidaa Tounes vient, par ailleurs, de nommer son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, pour débattre en son nom lors des tractations du remaniement ministériel. Les Nidaistes espèrent récupérer le ministère de l’Education, dont le titulaire, Néji Jalloul, est l’un des leurs. En plus, les observateurs ont relevé que le courant passe difficilement entre Youssef Chahed et sa majorité gouvernementale, suite à sa campagne anticorruption, entamée le 23 mai dernier.

Les partis au pouvoir se sont sentis dépassés par le rythme imposé par le chef du gouvernement à sa campagne «coup-de-poing» contre les barons des malversations et de la contrebande. Lorsque l’on sait que le lobbyiste arrêté, Chafik Jarraya, a tissé des liens à un très haut niveau auprès d’Ennahdha et de Nidaa Tounes, ainsi qu’avec les hauts gradés de l’administration, on comprend que son arrestation est un joli coup contre ce réseau tissé pour protéger ses malversations. Le coup d’éclat de Youssef Chahed a fait peur à ses concurrents politiques qu’il pourrait capitaliser seul sur cette réussite contre la corruption, hors d’atteinte des autres leaders politiques, en matière d’appréciation positive de la part des électeurs. Youssef Chahed est devenu dangereux pour ceux qui lorgnent du côté des prochaines échéances électorales et c’est ce qui expliquerait ses divergences avec plusieurs leaders politiques, dont Hafedh Caïd Essebsi. C’est donc, dans un environnement politique et socioéconomique tendu qu’arrive ce remaniement ministériel. Au monde politique tunisien de trouver la bonne formule !
 

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